Agencements n°8 – Septembre 2022

Agencements continue à défendre et rendre visible des recherches-actions engagées par le bas, à partir des pratiques et expérimentations d’acteurs et actrices qui prennent le risque – et le plaisir – de l’écriture collective, pour déployer les récits de leurs expérimentations. Agencements, pensé comme un équipement de recherche pour les sciences sociales, se construit depuis différents mondes et leurs interstices – universitaires, militants, professionnels, artistiques – en s’efforçant d’accueillir des écritures plurielles – collectives, débutantes ou avancées. Agencements est à la fois une invitation à se mettre, soi-même, en expérimentation, à s’impliquer dans un geste d’écriture, et un outil d’intervention.

Ce huitième numéro se structure en deux dossiers qui invitent l’expérience au cœur de nos processus réflexifs, de nos pratiques, de nos recherches. Un premier dossier « Expériences et concepts : pour une critique des pratiques artistiques sociales » propose un dialogue autour de l’art comme pratique sociale. Ce dialogue opère depuis le besoin de venir en expérience et nous plonge au sein d’enjeux esthétiques, politiques et sociaux liés aux pratiques artistiques. Le second, « Recherches et (il)légitimité : expériences concernées, militantes, universitaires » invite l’expérience comme espace-temps de recherche. Ainsi, l’expérience fait recherche. Cela depuis des trajectoires militantes, professionnelles. Ces trajectoires se mettent en mots et en paroles donnant accès à des cheminements politiques et ouvrant des points de passages dans ces trajectoires. Ces expériences sont aussi celles de violences institutionnelles subies qui s’ajoutent ou augmentent d’autres violences issues bien souvent des situations de domination, d’exclusion qui opèrent aujourd’hui.

Ce numéro invite, par l’expérience, à apprendre, à conceptualiser et à écrire « par corps ». Il donne à penser en « ruptures », à « mettre en crise le sens commun » à faire vivre des tensions au départ « d’expériences brutes », « routinières » qui sont aussi les substances des pratiques sociales. Ainsi, les écritures de ce numéro mobilisent la revue dans sa capacité à se constituer comme alliée et à venir en appui de recherches et des pratiques qui, parce qu’elles travaillent depuis l’expérience, et depuis son partage, se découvrent et se risquent.

Informations & commande sur le site des Éditions du Commun : https://www.editionsducommun.org/collections/revue-agencements/products/agencement-n-8-septembre-2022

SOMMAIRE AGENCEMENTS N°8

Expériences et concepts : pour une critique des pratiques artistiques sociales

Romain Louvel
L’art assujetti à ses concepts

Soaz Jolivet
Expériences inattendues et ruptures, de l’expérience esthétique à l’expérience artistique

Martine Bodineau
Reportage en quartiers nord : socio-fiction tout public – Saison 1, épisode 1

Romain Louvel
Des indices utiles pour une pratique artistique sociale

Agnès Henry
La relation d’un voyage dans les mondes des arts vivants

Martine Bodineau
Reportage en quartiers nord : socio-fiction tout public – Saison 1, épisode 2

Recherches et (il)légitimité : expériences concernées, militantes, universitaires

Axel Taupin
Du monde militant au monde de la recherche : balade politique pour trajectoire d’engagement.

Article collectif
La violence des normes pour un métier hors norme – Recherche-action communautaire menée par des chercheur.e.s travailleur.euse.s du sexe et des allié.e.s

Lætitia Dostrevie
Quelles marges de manœuvre pour l’action citoyenne dans les dispositifs participatifs ? L’exemple d’un Conseil Citoyen dans un quartier populaire de banlieue parisienne

Sophie Monteil
Enjeux éthiques et politiques d’une recherche sur le syndicalisme des travailleur·euses du sexe.

Les Cahiers des Rencontres de Géopolitique Critique 2021

Les cahiers de l’édition 2021 des Rencontres de Géopolitique Critique autour du thème “Faire Monde” :

SOMMAIRE
Chroniques de confinement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Se relier en vivant les confinements, Collectif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Faire monde avec la géopolitique critique . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
Faire monde avec la géopolitique critique, Karine Gatelier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
Faire monde dans l’espace public . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
Le monde, notre héritage commun. Nos Traversées
comme une de ses déclinaisons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38

Invitation au webinaire, Herrick Mouafo Djontu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
Décoloniser le sa voir, quelques réflexions : défaire et se relier,
Claske Dijkema. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
L’intime et le politique dans nos paroles publiques. . . 44
Lecture de La petite dernière de Fatima Daas, Philippe Hanus . . . . . . . . . . . . . . . 46
Interview de Fatima Daas, Alicia Oudaoud et Lison Leneveler . . . . . . . . . . . . . . 50
Les récits manquants. Enjeux de narration . . . . . . . . . . . . . . . 58
Récits, imaginaires, fictions : des fragments poétiques pour faire monde, Aleks A. Dupraz . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
Les récits (non)oubliés de notre passé, Mariam Veliashvili . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
Une expérimentation de fiction radiophonique . . . . . . . . . . . 68
Radio Sainte Catherine, entretien avec Lise de l’équipe Faratanin Fraternité,
Séréna Naudin, Lise Slama . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
Décompositons et recompositions de nos identités . . . 78
Poèmes, Thomas et Alexia Douchez . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
AUTEURS AUTRICES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82

Agencements n°7 – mars 2022

Le nouveau numéro de la revue Agencements est arrivé :

SOMMAIRE N°7

À l’épreuve des rapports de classe : construire des espaces de résistance

Ahmed TRAORÉ

Entre libre arbitre et déterminisme de classe : le combat d’une vie

Guillaume SABIN et Pierre SERVAIN

Une manière de diffuser les communs : l’expérience d’Ékoumène [Réflexions sur la diffusion des communs / 2]

Axel TAUPIN

La démarche d’éducation populaire dans les luttes sociales : Entre résistance, création et fabrique, l’utopie d’Ivry-sur-Seine

Recherche en art / Art en recherche : hybrider les pratiques pour partager le sensible

Anna DIOP DUBOIS

La fabrique de l’anthropo-graphie. Le carnet de terrain, à la croisée des arts visuels et de l’anthropologie

Larissa FONTES

La photo-ethnographie : une rencontre de la science et du sensible. Conflits méthodologiques d’une photographe devenant anthropologue

Louis STARITZKY, Pascal NICOLAS-LE STRAT

Quartiers en recherche, quartiers en création. L’expérimentation d’un laboratoire (dé)ambulant de recherche-création dans trois territoires du Nord

Né un 18 mars

A la recherche de soi : voyager par la culture de l’autre

Michel BIKOULA

Découvrir l’université. Se découvrir soi à l’université

Ferroudja ALLOUACHE, Nicole BLONDEAU, Anthipi POTOLIA, Radija TAOURIT

Autobiographies langagières : arrimages existentiels, transmissions, élaborations identitaires

Martine BODINEAU, Régis GARCIA, Sébastien JOFFRES, Arsène MBUMA, Pascal NICOLAS-LE STRAT, Louis STARITZKY, Victor VAN DER WOLDENBERG

Histoires de foot. Petite cordée d’écritures

Infos et commande : Agencements n°7 – mars 2022

“Nous en apprenons en effet plus sur l’appréhension d’un monde commun en observant la quête menée par d’autres qu’en poursuivant avec difficulté, toujours à deux doigts d’y renoncer et sur le bord d’une falaise, notre recherche propre.”

L’écriture comme un couteau d’Annie Ernaux, extrait de l’exergue de Frédéric-Yves Jeannet

“Prendre soin, penser en féministes le monde d’après”, un podcast ARTE Radio de l’émission “Un podcast à soi” (une création de Charlotte Bienaimé) :

https://www.arteradio.com/son/61664127/prendre_soin_penser_en_feministes_le_monde_d_apres_26

« Être vulnérables ensemble, c’est une force »

“La crise du Covid a mis au-devant de la scène de nombreuses femmes, autrefois invisibles, qui exercent en grande majorité ces métiers dits « du care », essentiels à la marche de notre monde. Elles sont aides-soignantes travaillant en Ehpad, infirmières, aides à domicile, institutrices, caissières, nounous, agentes d’entretien… Leur travail est habituellement peu considéré, peu rémunéré, voire dévalorisé.
Au-delà de la célébration ponctuelle, cet épisode cherche à leur rendre hommage, pour ne pas oublier leurs histoires et leurs voix aussi vite qu’elles ont été mises en lumière. Il interroge aussi plus largement la notion de soin : qui prend soin de qui ? Est-ce que le care n’est pas aussi une question de classe ? Comment ont été soigné.e.s les habitantes et habitants des quartiers populaires ?
Et au-delà encore, comment prend-on soin ? Qu’en est-il du soin que l’on porte aux morts ? Mais aussi au monde vivant, et aux animaux ? Et pourquoi tout cela nous amène à parler de vulnérabilité, de pouvoir et d’utopies concrètes ? […]”

Avec :
– Nadège, aide-soignante dans un Ehpad de l’Est de la France.
Pascale Molinier, psychologue, autrice de nombreux ouvrages sur l’éthique et le travail du care
Vinciane Despret, philosophe
Hanane, féministe, lesbienne, militante des quartiers populaires, membre du collectif Femmes en lutte 93
Myriam Bahaffou, chercheuse, militante écoféministe
Emilie Hache, philosophe
Cy Lecerf Maulpoix, journaliste et militant queer, spécialiste des questions écoqueer. […]”

 

“Prendre soin, penser en féministes le monde d’après” – Une création de Charlotte Bienaimé

“En poésie, on n’habite que le lieu que l’on quitte, on ne crée que l’oeuvre dont on se détache, on n’obtient la durée qu’en détruisant le temps.”

René Char, “Sur la poésie” (1936-1974)

Ce lieu poétique accompagne depuis six ans mes pratiques d’écriture, de recherche et d’enseignement.

Le 31 décembre 2020, la mise à jour régulière de ce site cessera. Elle n’a d’ailleurs jamais été très régulière. Ou alors par régularité il faut plutôt entendre : répétition, rituel, abandon, résistance, ou quelque chose d’autre.

L’étendue d’écritures sauvages, avec ses méandres et ses profondeurs restera toutefois accessible, un lieu de traces parmi d’autres.

Entre-deux, un lent et patient travail de documentation est en cours, pour compléter les traces déjà disponibles à partir d’autres archives, certaines oubliées, d’autres pas encore ouvertes. Plutôt répertoire revêche au catalogage que boîte-à-outils, ou alors, boîte à chaussures magiques pour voyager le long des coffres aux trésors invisibles… Le souhait est que les cailloux semés puissent servir à d’autres, ainsi des cairns sur les chemins, avec de la douceur rugueuse en ces temps où il nous faut aussi rêver l’obscur (Starhawk).

 

“Il y a une perte de soi-même dans la relation aux autres lorsque ce quelque chose qui flotte est détruit, qui laisse les remplacé·e·s démuni·e·s de tout contexte et les remplaçant·e·s avec un sens altéré de soi. Comment avoir une relation les un·e·s avec les autres si quelqu’un·e est forcé·e à partir et que les autres s’habituent à cette absence non désirée”

crédits : éd. B42

Sarah Schulman : « La gentrification est une domination blanche » (La gentrification des esprits)

La Gentrification des esprits – Sarah Schulman

 

“J’écris ce livre depuis un lieu qui n’existe pas . Un laboratoire fantôme, sans ombre au mur. (…)

[…]

Une page raturée devient un amas de branches coupées. Une table, l’observatoire de ce qui a été traversé. Les cartes retournées. Le chaos encadré. Voici mon ordre. Il a échappé à la rature, au panier.

[…]

Raturer laisse des trous, des vides. Par ces interstices entre la nuit, l’attente, de nouveaux liens.

[…]

Accepter sa propre pensée est une étape nécessaire. Parfois très difficile. Peur de blesser, de choquer, de décevoir.

[…]

Raturer, c’est s’affirmer dans sa pensée. Progression infime.

[…]

Sortie de soi pour les uns, entrée en soi pour d’autres, l’acte de penser est ma manière de poser mes limites.

Je décide de ce que je suis capable de retenir du monde.

[…]

Plusieurs phrases ont été écrites dans l’air, parfois sous la dictée. Même dans la voix, il y a des ratures. Même dans le paysage. L’horizon est une rature. […] “

 

Louise Warren, “Le laboratoire des ratures”,

 La Vie flottante. Une pensée de la création, 

Montréal, Editions du Noroît, 2015

Louise Warren, La vie flottante