ce serait comme un oiseau qui s’envole
sa respiration et son coeur
à l’instant entre tes mains
un souffle une palpitation
au creux
le souvenir d’une aile
d’un désir de grand large
puis tout d’un coup
l’horizon partout
des strates de lumière
à perte de vue
couleurs enchevêtrées
la tête dans les étoiles
les pieds dans l’affluent

ce serait comme avoir un nuage
dans le ventre
toute chose par ailleurs
inappropriée
et quelque part
inavouable
un nuage engouffré là
sans que quiconque
s’en aperçoive
et ton corps pris dans
le tumulte des vents
comme un brin d’herbe
parmi des milliers d’autres
légère courbure
entre terre et ciel

ce serait comme des trouées
dans le langage
des regards qui ne traversent plus
des heures à vouloir décamper
et puis la nuit
et puis le feu dans la nuit
et puis l’amour des sables
contre vents et marées
à la renverse du temps
alors nous finalement
ça file comme les secondes
tandis que
fourmillant
se perpétuent
des mondes
alors
depuis l’envers
tu sais
combien
bien qu’incalculable
à l’instant
chaque geste compte

*

aurore jean
hiver 2018

Advertisements

alors nous finalement…

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s