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“Nous” ne signifie pas : les miens, tous ceux qui sont pareils que moi ; mais : tous ceux qui pourront être le “je” de ce “nous”, l’endosser, le reprendre à leur compte, en éprouver la force. Il ne s’agit pas avec “nous” de dire qui je suis, de me déclarer ; il ne s’agit même pas de dire comme qui je suis ; mais ce que nous pourrons faire si nous nous nouons. “Nous” ne saurait ouvrir la question de l’identité (en es-tu ?), mais à la tâche infinie qui consiste à faire et défaire des collectifs (oui, aussi défaire), des pluriels suffisamment soudés  pour qu’ils puissent s’énoncer.(Peut-être “nous” est-il alors quelque chose comme le pluriel de “seul” : il ne se fait pas à partir de nos “je”, affirmés ou vacillants, mais à partir de nos solitudes ; il les mets en commun, c’est-à-dire qu’il les rassemble, les surmonte en les rassemblant, et à certains égards les maintient. Nous faisons et défaisons des collectifs avec ces solitudes et non pas malgré elles. Nous ne nouons rien d’autre, et c’est déjà tellement, que notre égal tremblement, nos égales potentialités.)”

 

Nos cabanes (Marielle Macé)

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