“[…] Ni identité, ni indépendance. Je ne comprends mon existence politique qu’en fonction d’autres corps vivants dans une relation à la fois d’étrangeté et de dépendance. Mon peuple est celui des mules. Des mal nés. Des apatrides. Ceux qui m’intéressent ce sont les non-peuples en processus d’invention, les non-communautés dont l’expression souveraine exprimée comme puissance excède les limites du pouvoir. Le corps silencieux du monde qu’on ne qualifie même pas de peuple. Ceux qui portent le futur sur leur dos et à qui personne ne concède la légitimité de sujet politique. Le seul statut que je comprenne est celui de l’étrangeté. Vivre là où tu n’es pas né. Parler une langue qui n’est pas la tienne et la faire vibrer d’un autre accent, faire en sorte que tes mots sont grammaticalement justes mais phonétiquement déviants. […]”

Paul B. Preciado,

Un appartement sur Uranus, 2019

 

Un appartement sur Uranus (Paul B. Preciado)

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