Archipels

“La pensée archipélique, pensée de l’essai, de la tentation intuitive, qu’on pourrait apposer à des systèmes de pensées continentales, qui seraient avant tout de système. Par la pensée continentale, l’esprit court avec audace, mais nous estimons alors que nous voyons le monde d’un bloc, ou d’un gros, ou d’un jet, comme une sorte de synthèse imposante, tout à fait comme nous pouvons voir défiler par des saisies aériennes les vues générales des configurations des paysages et des reliefs. Par la pensée archipélique, nous connaissons les roches et les rivières, les plus petites assurément roches et rivières, nous envisageons les trous d’ombre qu’elles ouvrent et recouvrent, où les zabitans (d’eau douce, il s’agit de ces écrevisses bleues et grises menacées de pollution), en Martinique, et qui sont appelées ouassous en Guadeloupe (noms de fonds, noms d’appartenance), (…), s’abritent encore.”

Edouard Glissant, Philosophie de la relation. Poésie en étendue.

Paris, Gallimard, 2009. p.45

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Exploration(s) à partir du texte Notre Mer d’îles d’Epeli Hau’Ofa :

https://experiencespoetiques.wordpress.com/2018/05/06/residence-notre-mer-diles-a-lambassade-du-turfu/

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Dans une conférence prononcée en 1993, le penseur et conteur fidjien Epeli Hau’Ofa propose de substituer au regard colonial (réduisant le milieu de vie des peuples du Pacifique à des îles petites et isolées) un regard océanique prenant acte de l’existence ancestrale d’une mer d’îles.

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Texte collectif à paraître dans le numéro d’automne de la revue Multitudes

& micro-édition à venir…

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