Celui qui se rêve
finit par se perdre
dans les eaux d’un fleuve
dont il ignore le cours.

S’il se rejoint,
c’est au-delà de toute attente
dans l’incroyance et le doute.

Max Alhau,
D’asile en exil

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Être, simplement être.

Eprouver plus fort
Le passage du temps.

 

Guillevic, Maintenant

un corps se délie peu à peu
je retrouve la souplesse et le goût
des instants complices
même s’il s’en trouve surpris

je ne sait toujours pas ce qu’il cherche
peut-être tout autre chose
qu’auparavant

c’est le début
d’un dénouement

je attendait
depuis longtemps
le jour où les mots reviendraient
où je pourrais
de nouveau
me jeter à l’eau
avec eux

quelque part
entre la peur d’être découverte
et le délice de ne pas avoir froid aux yeux

je ne sait pas d’où ça lui vient

ce retour de la parole

En fin

Je t’écris avant que le jour ne tombe
Le bleu du ciel a des teintes d’été
après l’automne frisquet d’hier 
et la neige des premières heures.

La nuit dernière,
à portée de main,
les feuilles de papier demeurées vierges
à sombrer

dans la folie
d’un non-mouvement.

L’air humide de larmes maladroitement contenues,
brusquement échappées 
à l’instant d’une collision 
telle que nos histoires seules savent en fabriquer.

Des histoires à la fois tapies en nous
et au dehors, en dehors,
hors de portée.

Flagrante déflagration d’un dehors-dedans.
Nos trajectoires faites d’impossibles en embuscade.

La vie diffractée.

Où l’on ne sait finalement jamais
Si la fuite est répétition ou échappée.