RECHERCHE-CREATION

Se situer et agir dans le monde pour contribuer à sa fabrication nécessite très probablement de savoir conjuguer à la fois différentes formes d’attention et de mobiliser collectivement différentes modalités de l’agir. Ceci ne semble toutefois pas chose évidente dans un moment où nos attentions se trouvent régulièrement, et parfois à notre insu, captées voire instrumentées par une multiplicité de dispositifs médiatiques structurées par des logiques économiques et politiques relativement efficientes (voir les ouvrages d’Yves Citton, Pour une écologie de l’attention et Médiarchie) . En bouleversant sans cesse les habitudes héritées, les nouvelles technologies disruptives semblent en effet réussir à maintenir passives ou affolées non seulement nos attentions mais également nos subjectivités. Dans ce contexte, les expérimentations collectives s’avèrent aussi fragiles que précieuses, elles sont des lieux où s’élaborent et se renforcent des formes de vie singulières constituant autant de lieux de résistance(s). Les démarches de recherche-action ou de recherche-expérimentation peuvent être l’occasion d’outiller nos collectifs. L’enjeu de cet outillage étant peut-être moins technique que relationnel (Erin Manning et Brian Massumi à l’origine du Senselab invitent à « inventer de techniques de relation ») : ouvrir des espaces-temps propices tant au questionnement, à la compréhension mutuelle qu’à la formulation des problèmes (donc à la pensée ?) et au travail de préfiguration des situations que nous appelons de nos voeux. On partagera plus particulièrement ici à des pratiques (de recherche, de soin, de travail social, d’éducation, de médiation, d’action collective) qui font appel aux sciences humaines et sociales et aux pratiques artistiques et/ou trouvent ressource dans des textes et pratiques susceptibles d’appartenir à ces champs. Et on s’entre-interpellera entre praticien·ne·s quant à nos démarches et aux rapports que nous entretenons avec la théorie, le politique, le poétique.

A chaque expérience, des lieux, des échelles d’espaces et de temps, des media, des types d’attention, des productions, des traces et des longueur d’ondes qui différent, parfois se croisent, parfois s’ignorent et peut-être dans la reprise aussi se prolongent et se recomposent…