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“On croit toujours qu’ailleurs c’est mieux. Or ce n’est ni meilleur, ni pire, c’est simplement toujours aussi insensé.”

 

Mathieu Riboulet,
Le Regard de la source

En fin

Je t’écris avant que le jour ne tombe
Le bleu du ciel a des teintes d’été
après l’automne frisquet d’hier 
et la neige des premières heures.

La nuit dernière,
à portée de main,
les feuilles de papier demeurées vierges
à sombrer

dans la folie
d’un non-mouvement.

L’air humide de larmes maladroitement contenues,
brusquement échappées 
à l’instant d’une collision 
telle que nos histoires seules savent en fabriquer.

Des histoires à la fois tapies en nous
et au dehors, en dehors,
hors de portée.

Flagrante déflagration d’un dehors-dedans.
Nos trajectoires faites d’impossibles en embuscade.

La vie diffractée.

Où l’on ne sait finalement jamais
Si la fuite est répétition ou échappée.

extrait de la laudation prononcée par André Wyss à l'occasion de la cérémonie de remise du prix Michel-Dentan 2016 à David Bosc pour son livre Mourir 
puis sauter de son cheval, au Cercle Littéraire de Lausanne, le 19 mai 2016

Les hommes vont de multiples chemins. Celui qui les suit et qui les compare verra naître des figures qui semblent appartenir à cette grande écriture chiffrée qu’on entrevoit partout : sur les ailes, la coquille des oeufs, dans les nuages, dans la neige, dans les cristaux et dans la conformation des roches, sur les eaux qui se prennent en glace, au-dedans et au-dehors des montagnes, des plantes, des animaux, des hommes, dans les lumières du ciel, sur les disques de verre et les gâteaux de résine qu’on a touchés et frottés, dans les limailles autour de l’aimant et dans les conjonctures singulières du hasard.

(Novalis)

La pensée de l’errance n’est pas l’éperdue pensée de la dispersion mais celle de nos ralliements non prétendus d’avance, par quoi nous migrons des absolus de l’Être aux variations de la Relation, où se révèle l’être-comme-étant, l’indistinction de l’essence et de la substance, de la demeure et du mouvement. L’errance n’est pas l’exploration, coloniale ou non, ni l’abandon à des errements. Elle sait être immobile, et emporter.

Le monde, immédiatement inconnu.

Par la pensée de l’errance nous refusons les racines uniques et qui tuent autour d’elles : la pensée de l’errance est celle des enracinements solidaires et des racines en rhizome. Contre les maladies de l’identité racine unique, elle est et reste le conducteur infini de l’identité relation. L’errance est le lieu de la répétition, quand celle-ci aménage les infimes (infinies) variations qui chaque fois distinguent cette même répétition comme moment de la connaissance. Les poètes et les conteurs se donnent instinctivement à cet art délicat du listage (par variations accumulées), qui nous fait voir que la répétition n’est pas un inutile doublement. (…)”

Edouard Glissant,
Philosophie de la relation.
Poésie en étendue.
(p.61-62)

 

Une citation n’est pas un extrait.
La citation est une cigale.
Sa nature est de ne pouvoir se taire.
Une fois accroché dans l’air elle ne le lâche plus.

Ossip Mandelstam

 

citation en exergue de l’ouvrage de Karelle Ménine
La Pensée, la poésie et le politique. Dialogue avec Jack Ralite.
Les Solitaires intempestifs