Cabane(s)

“Du reste, je suis persuadé que si l’on brandit des branches, c’est bientôt pour construire des cabanes. La littérature, pour ceux de mon espèce, consisterait à célébrer soukkot, la fête des cabanes — lorsque, toujours provisoirement, on quitte son logis pour s’inventer une précarité, pour se mettre à la merci des avanies, des joies, des surgissements, et que l’on fabrique une structure à la fois neuve et archaïque, avec des branches — et ce qu’il faut de crottin de cheval. On peut penser que la cabane n’est qu’un lieu d’affreuse solitude, on peut se dire que c’est le lot de Caïn d’aller y vivre, mais avant de la démolir on se souviendra qu’elle est aussi l’espace où retrouver à volonté “la fraîcheur d’émotion de l’enfance” (André Breton), un instrument qui permet de lutter contre “tout ce qui dépouille l’homme de son étonnement” (Pascal Quignard). Celui qui bâtit une cabane n’a qu’une hâte, qu’une idée en tête, et c’est d’y accueillir un invité de choix — une folle, un fuyard, le Christ ou le premier venu, celui que rien encore ne distingue des autres.”

David Bosc,  La Fête des  cabanes

 

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